Être cité par ChatGPT : 90 jours de test sur mon propre site
En bref
- Authority Score de mon domaine au démarrage : 7 sur 100. Sur 77 domaines référents, environ 5 étaient de vrais liens.
- 469 impressions sur les requêtes « SEO Nancy » en 28 jours. Zéro clic.
- Les moteurs restituent correctement mes tarifs et ma méthode quand on les interroge sur mon site. Ce n’est pas un problème de citabilité.
- Mais quand on leur demande « quel consultant SEO à Nancy », ils ne consultent pas mon site. Ils consultent des annuaires où je ne figure pas.
- Le fichier
llms.txtn’a produit aucun effet mesurable. Les blocs de réponse courte, si. - Le GEO n’est pas d’abord un travail sur votre site. C’est un travail sur les pages qui parlent de vous.
Pourquoi j’ai testé le GEO sur mon site plutôt que sur celui d’un client
Le Generative Engine Optimization consiste à rendre une entreprise citable par les moteurs génératifs — ChatGPT, Perplexity, Gemini, les AI Overviews de Google — plutôt que simplement classée par un moteur de recherche.
Depuis un an, la littérature française sur le sujet dit à peu près toujours la même chose : structurez vos contenus en questions-réponses, déployez du schema.org, publiez un fichier llms.txt, soignez votre E-E-A-T. Ces conseils sont probablement justes. Mais personne, à ma connaissance, ne publie de mesure faite sur un vrai site, avec un point de départ, un protocole et des résultats datés.
Je ne pouvais pas faire ce test sur un client : personne ne paie pour être un cobaye, et les résultats négatifs ne se publient pas sans accord. Je l’ai donc fait sur sell-expert.fr, d’avril à juillet 2026, avec l’engagement de publier les chiffres bruts. Y compris ceux qui ne m’arrangent pas.
Le point de départ, sans filtre
Ce que valait mon domaine le 10 juillet 2026
| Métrique Semrush | Valeur |
|---|---|
| Authority Score | 7 / 100 |
| Backlinks totaux | 138 |
| Domaines référents | 77 |
| Adresses IP distinctes | 29 |
Le chiffre de 77 domaines référents est trompeur, et c’est le premier enseignement de cet audit. En les triant par Authority Score, la réalité apparaît : un seul lien fort, francenum.gouv.fr (AS 54), obtenu via le dispositif Activateur France Num. Un lien local propre depuis un lycée. Deux liens depuis des sites que je contrôle moi-même, donc sans valeur de vote. Et environ soixante-dix domaines de fermes de scrapers, hébergés sur une poignée d’adresses IP, aux noms évocateurs : getwebsiteworth.com, domainanalysis.org, linksnatcher.com.
Ces domaines ne sont pas toxiques. Ils sont neutres. Ils gonflent un compteur sans rien apporter. Si vous voyez 77 domaines référents dans votre tableau de bord, triez-les par autorité avant de vous réjouir.
Ce que disait Search Console
Sur 28 jours, du 11 juin au 8 juillet 2026 :
| Requête | Impressions | Clics | Position moyenne |
|---|---|---|---|
| consultant seo nancy | 242 | 0 | 12,1 |
| expert seo nancy | 116 | 0 | 10,1 |
| agence seo nancy | 54 | 0 | 32,1 |
| seo nancy | 36 | 0 | 27,3 |
| freelance seo nancy | 21 | 0 | 12,1 |
469 impressions. Zéro clic. Sur la même fenêtre, 93 clics provenaient de recherches sur mon nom de marque — des gens qui me connaissaient déjà et tapaient « sell expert ». Sur le mois de juin complet, le site a totalisé 132 clics.
Autrement dit : un site de consultant SEO à Nancy qui n’acquiert personne par le SEO. C’est le point de départ honnête. Et c’est plus courant qu’on ne l’avoue.
Les huit actions menées en 90 jours
- Déploiement de blocs « En bref » en haut des pages stratégiques : quatre à six affirmations courtes et factuelles.
- Ajout d’une définition courte et d’une réponse directe de type extrait optimisé sur chaque page cible.
- Publication d’un fichier
llms.txtdécrivant le site à destination des crawlers d’IA. - Déploiement et nettoyage des données structurées :
Organization,Person,FAQPagedynamique,Course. - Suppression d’une note d’avis (
aggregateRating) auto-déclarée dans le schema. - Publication de deux cas clients avec chiffres datés, contexte de départ et résultats mesurés.
- Déblocage de l’indexation Bing, bloquée par une protection anti-bot de l’hébergeur.
- Soumission de 23 URL au re-crawl de Brave Search.
Ce qui a marché
Les blocs de réponse courte
C’est l’action au meilleur rapport effort/résultat. Le test est simple : interrogez un moteur sur votre propre site et regardez ce qu’il en dit.
Le 10 juillet, une recherche sur « sell-expert.fr consultant SEO Nancy » a produit une restitution correcte de mes tarifs (audit à 1 200 € HT, accompagnement à 400 € HT/mois), de ma méthode, de ma zone d’intervention et de mon offre de formation. Rien d’inventé, rien de déformé.
Ce n’est pas anodin. Un moteur génératif qui hallucine vos tarifs vous coûte des prospects. La structuration en affirmations courtes, factuelles et autonomes — une idée par phrase, pas de renvoi implicite au paragraphe précédent — est ce qui rend un passage extractible.
Les cas clients chiffrés et datés
Deux cas publiés avec leur contexte de départ, leur calendrier et leurs résultats mesurés. Ce format est repris tel quel par les moteurs, parce qu’il est vérifiable. Une phrase comme « premier devis qualifié obtenu à J+26, visibilité Semrush passée de 0,58 % à 2,82 % en 28 jours » se cite. « Nous obtenons d’excellents résultats pour nos clients » ne se cite pas.
Le nettoyage des données structurées
J’avais un knowsAbout dupliqué, un identifiant de TVA erroné, et deux entités Person concurrentes. Corriger ces incohérences n’a produit aucun gain visible en soi. Mais un schema contradictoire est un signal de confiance négatif, et les moteurs génératifs s’appuient dessus pour désambiguïser une entité. C’est de l’hygiène, pas de la performance.
Le déblocage de l’indexation Bing
Une protection anti-bot de l’hébergeur renvoyait un code 403 aux crawlers de Bing. Le site était donc absent de l’index Bing — qui alimente une partie des moteurs génératifs, dont ChatGPT via Bing Search.
Ce n’est pas une optimisation. C’est une condition nécessaire. Avant de travailler votre citabilité, vérifiez que les crawlers accèdent physiquement à vos pages. Bing Webmaster Tools le dit en trois clics.
Ce qui n’a rien donné
Le fichier llms.txt
Quatre versions successives, aucun effet mesurable. À ce jour, llms.txt est une proposition de standard qu’aucun grand moteur génératif ne s’est engagé à respecter. Le publier coûte dix minutes et ne nuit pas. Le présenter comme un levier GEO est trompeur. Je le laisse en place. Je ne le facture à personne.
La note d’avis auto-déclarée
J’avais déclaré une note moyenne dans mon schema Organization, sans source externe vérifiable. C’est ce que Google appelle un avis auto-attribué, et c’est explicitement contraire à ses règles pour les résultats enrichis. Je l’ai supprimé.
Enseignement : un signal d’autorité que vous vous décernez vous-même n’est pas un signal d’autorité. Les moteurs, classiques comme génératifs, cherchent des attestations tierces.
Publier un article sur le GEO
Le 6 juillet, j’ai publié un article sur le référencement dans les moteurs d’IA pour les PME. Le 8 juillet, Search Console enregistrait zéro impression sur toute requête contenant « geo ».
Quatre jours, c’est court, et il faut être honnête sur cette limite. Mais un contre-test est plus instructif. Le 10 juillet, j’ai interrogé un moteur sur « GEO, référencement moteurs génératifs, PME, France, consultant ». Mon article est sorti en troisième position organique. Et il n’a pas été repris dans la synthèse générée. Les entreprises citées venaient des classements d’agences GEO.
L’enseignement que je n’attendais pas
J’ai poussé le contre-test plus loin. Sur une plateforme qui agrège les réponses de ChatGPT, Gemini et Perplexity à la question « meilleur consultant SEO à Nancy », j’ai relevé le classement produit par les IA et, surtout, la liste des sources qu’elles avaient consultées.
Dix profils cités. Aucun n’est moi. Et la source la plus utilisée, de loin, est une page d’annuaire : le comparatif Sortlist des agences SEO de Nancy, cité cinq fois. Les autres sources sont les sites personnels des consultants classés — mais ils y arrivent après avoir été repérés dans les annuaires.
Le mécanisme est là. Quand vous demandez à un moteur génératif « quel est le meilleur X à Y », il ne fait pas un jugement de valeur sur des sites de prestataires. Il lit les pages qui font déjà ce classement, et il les résume. Votre site sert à confirmer et enrichir une entrée — il ne sert pas à la créer.
C’est une inversion complète par rapport au discours GEO dominant. On vous vend de la structuration de contenu et du schema.org. Ce sont des conditions nécessaires : sans elles, une fois repéré, vous êtes mal restitué. Mais elles ne déclenchent aucune citation. La citation naît d’une mention sur une page tierce. Autrement dit : le GEO ressemble beaucoup plus au netlinking qu’au SEO on-page. Ce que les moteurs génératifs récompensent, c’est ce que d’autres disent de vous.
Le protocole de mesure, reproductible en une heure
- Vérifiez l’accès des crawlers. Bing Webmaster Tools, onglet indexation. Un 403 ou un blocage anti-bot invalide tout le reste.
- Testez la restitution. Interrogez un moteur génératif sur votre propre nom de domaine. Les faits qu’il énonce sont-ils exacts ? S’il hallucine vos prix, corrigez d’abord vos pages.
- Testez la citation. Posez la question de votre marché — « meilleur [métier] à [ville] » — sans mentionner votre nom. Apparaissez-vous ?
- Identifiez les pages-sources. Dans la réponse, relevez les sources citées. Ce sont vos cibles réelles.
- Auditez votre présence sur ces pages-sources. Y figurez-vous ? Sinon, comment y entrer ? La plupart de ces annuaires acceptent des soumissions gratuites.
- Fixez un panier de requêtes dans Search Console et suivez impressions, position et CTR. Ne suivez jamais la position moyenne globale du site : elle est bruitée par la longue traîne.
Ce protocole n’exige aucun outil payant.
Ce que je fais maintenant
Je ne touche plus au contenu du site pendant 60 jours. Il est correctement structuré, correctement restitué, et le retoucher ne changera rien. Je consacre les deux prochaines heures à trois inscriptions gratuites sur les annuaires que les moteurs citent réellement. Puis je vais chercher des attestations tierces : avis clients publics, contribution à un guide institutionnel, présence dans les classements sectoriels.
Je recontrôlerai les mêmes chiffres à J+60 et je les publierai, quels qu’ils soient. Si vous voulez savoir où votre entreprise se situe sur ces six points, le diagnostic gratuit de 30 minutes sert exactement à ça : je fais tourner le protocole devant vous et je vous dis franchement ce qui mérite un investissement, et ce qui n’en mérite pas.
Cet accompagnement relève de deux missions précises : un audit SEO (à partir de 500 € HT en format Express, 1 200 € HT en format complet) pour cartographier votre visibilité réelle, ou une formation SEO & GEO pour internaliser la méthode. Ces prestations s’adressent aux PME industrielles, artisans, professions libérales et services B2B du Grand Est, de Nancy à Metz, Épinal et le Luxembourg.
FAQ — Être cité par ChatGPT et les moteurs génératifs
Qu’est-ce que le GEO (Generative Engine Optimization) ?
Le GEO est l’ensemble des pratiques visant à rendre une entreprise citable dans les réponses des moteurs génératifs comme ChatGPT, Perplexity ou Gemini, par opposition au SEO qui vise un classement dans une page de résultats.
Comment être cité par ChatGPT ?
En étant mentionné sur les pages tierces que ChatGPT consulte pour répondre : annuaires sectoriels, classements, articles de référence, sites institutionnels. La structuration de votre propre site conditionne la qualité de la restitution, mais ne déclenche pas la citation.
Le fichier llms.txt sert-il à quelque chose ?
Aucun effet mesurable constaté sur 90 jours. C’est une proposition de standard qu’aucun grand moteur génératif ne s’est engagé à respecter à ce jour. Le publier ne nuit pas, mais ce n’est pas un levier.
Combien de temps faut-il pour être cité par une IA générative ?
Les délais annoncés de 6 à 12 semaines circulent sans protocole de mesure publié. Sur mon site, publier un article spécialisé n’a produit aucune impression en quatre jours et aucune reprise dans les synthèses. Le facteur limitant n’était pas le temps, mais l’absence de mentions tierces.
Faut-il faire du GEO ou du SEO ?
La question est mal posée. L’indexation, l’accessibilité des crawlers et l’autorité du domaine servent les deux. Le GEO ajoute une exigence de structuration extractible et déplace le centre de gravité vers les mentions externes.
Comment savoir si mon entreprise est citée par les IA ?
Posez à ChatGPT, Perplexity et Gemini la question de votre marché sans mentionner votre nom, et relevez les sources citées dans la réponse. Des plateformes agrègent également ces réponses par requête et par ville.
Un Authority Score faible empêche-t-il d’être cité par les IA ?
Il ne l’empêche pas mécaniquement, mais un domaine à faible autorité est rarement présent sur les pages-sources que les moteurs consultent. Les deux problèmes ont la même cause : le manque de mentions tierces légitimes.
Les annuaires SEO ont-ils encore un intérêt en 2026 ?
Ceux que les moteurs génératifs citent comme source, oui — et leur intérêt a même augmenté. Les annuaires de masse à bas coût, non : ils n’apportent aucune autorité et polluent le profil de liens.