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Ce que les intelligences artificielles lisent sur 131 sites d’entreprises lorraines

Sur 131 sites d’entreprises du Grand Est mesurés le 30 octobre 2026, 44,3 % ont une balise title conforme, 34,4 % une méta description et 30,5 % affichent adresse et téléphone sur leur accueil. Environ une sur cinq n’a pas de site exploitable.

En bref

  • 131 entreprises du Grand Est, mesurées sur sept points lisibles par une machine.
  • Environ une sur cinq n’a pas de site exploitable : page en construction, domaine à vendre, serveur muet.
  • 44,3 % ont une balise title conforme, 34,4 % une méta description, 35,1 % des données structurées d’entité.
  • 30,5 % affichent adresse, téléphone et un profil extérieur sur leur page d’accueil.
  • Sur les 111 premières, 5 % seulement ont un auteur identifiable. Aucune n’obtient 10 sur 10.
  • Les seuils, les limites et nos propres erreurs de mesure sont publiés avec les résultats.
109 sites qui s’ouvrent   22 qui ne s’ouvrent pas
Un rond, une entreprise. Aucune n’est nommée dans cet article.

Pourquoi nous avons compté nous-mêmes

Être cité par ChatGPT, c’est le panneau solaire sur le toit. Sur une bonne partie des entreprises que nous avons ouvertes, la dalle n’est même pas coulée.

Depuis un an, la question revient à chaque rendez-vous sous une forme ou une autre : est-ce que ChatGPT connaît mon entreprise ? Les études françaises qui tentent d’y répondre comptent les absents. L’une annonce que 37,7 % des PME sont invisibles pour l’IA, sur 390 entreprises. Une autre, publiée par une agence messine, mesure la présence en ligne de 300 TPE de Metz. Une troisième note la préparation de 474 sites à l’échelle nationale.

Ces travaux sont sérieux et nous ne prétendons pas les remplacer : leurs échantillons sont plus gros que le nôtre. Mais ils répondent tous à la même question — combien sont absents. Aucun ne répond à celle que nous entendons réellement en rendez-vous : qu’est-ce qui est écrit, exactement, sur ma page d’accueil, et pourquoi est-ce que ça ne marche pas ?

Et c’est là que l’image du panneau solaire devient gênante. L’idée est bonne, elle est même séduisante : apparaître dans la réponse d’un assistant, être recommandé sans payer une annonce. Mais on ne pose pas de panneaux sur une maison dont les fondations ne sont pas coulées. Sur une partie de ce panel, le site ne s’ouvre pas, la page n’a pas de nom, et rien n’indique qui habite là. La question du panneau solaire ne se pose pas encore. C’est d’ailleurs tout l’objet de notre accompagnement en référencement dans les IA : commencer par le socle.

C’est une question différente, et elle demande d’ouvrir les sites un par un. Nous l’avons fait sur 131 entreprises du Grand Est, de Meurthe-et-Moselle, de Moselle et des Vosges. Pas des commerces de centre-ville tirés d’un annuaire : le tissu industriel et artisanal, celui que personne n’avait mesuré. C’est le terrain que nous connaissons, et dont nous parlons dans notre guide du marketing digital pour une PME industrielle.

Quel tissu avons-nous balayé

La question se pose avant de lire les chiffres. Une précision d’emblée, dans l’esprit du reste de cette étude : nous pouvons nommer et classer 115 des entreprises mesurées. Pour les autres, la trace nominative n’a pas été conservée. Les parts ci-dessous portent donc sur ces 115, et non sur 131.

52
35
19
Industrie et PMI — 52 (45,2 %)
Cabinets d’architecture — 35 (30,4 %)
Bâtiment et artisans — 19 (16,5 %)
Cliniques vétérinaires — 6 (5,2 %)
Imprimerie et arts graphiques — 3 (2,6 %)
Composition du panel, établie entreprise par entreprise d’après l’activité annoncée sur le site de chacune. Ce n’est pas un relevé de codes officiels d’activité. Une entreprise est exclue de cette répartition : son site ne répond plus et son activité n’a pas pu être établie.

Près d’une entreprise sur deux est une PMI industrielle : mécanique et usinage, tôlerie, forge, filtration et textiles techniques, plasturgie, scieries, granit, construction modulaire, thermolaquage. Trois sur dix sont des cabinets d’architecture. Le reste se partage entre artisans du bâtiment, cliniques vétérinaires et imprimeurs.

C’est un tissu de production et de services aux entreprises, pas un échantillon de commerces urbains. C’est précisément ce qui manque aux études existantes, qui tirent leurs échantillons d’annuaires ou de pages de résultats de métropoles — et c’est aussi ce qui limite la portée de la nôtre.

Les sept questions posées à chaque site

Sept vérifications mécaniques, les mêmes pour tout le monde, le même jour. Chacune se répond par oui ou par non. Les seuils sont les nôtres et nous les publions, pour que chacun puisse refaire le calcul autrement.

Le contrôleLa règle appliquée
Le site s’ouvre vraimentRéponse valide, contenu réel, ni page en construction ni domaine à vendre
La balise titleEntre 10 et 60 caractères, ne commence pas par « Accueil », n’est pas le nom de domaine
La méta descriptionPrésente, entre 70 et 170 caractères
Un seul H1Exactement une balise de titre principal sur l’accueil
Les données structuréesAu moins un bloc JSON-LD de type Organization, LocalBusiness, Service ou Product
L’accès des robotsrobots.txt valide, sitemap présent, aucun crawler d’IA bloqué
L’identitéAdresse, téléphone et au moins un profil extérieur visibles sur l’accueil

Une balise title, c’est le texte qui nomme une page dans l’onglet du navigateur et dans les résultats de recherche. C’est la première chose qu’un moteur ou un assistant d’IA lit d’une page. Le plan du site, lui, se vérifie autrement : voyez ce qu’il faut mettre et retirer d’un sitemap XML.

Les résultats sur 131 entreprises

Le site s’ouvre vraiment83,2 %
109 entreprises sur 131 · Réponse valide et contenu réel
L’accès des robots55,7 %
73 entreprises sur 131 · Plan du site présent, aucun robot d’IA bloqué
La balise title44,3 %
58 entreprises sur 131 · 10 à 60 caractères, qui disent le métier
Un seul H144,3 %
58 entreprises sur 131 · Exactement un titre principal sur l’accueil
Les données structurées35,1 %
46 entreprises sur 131 · Le bloc de code qui déclare l’entreprise
La méta description34,4 %
45 entreprises sur 131 · La phrase affichée sous le lien dans Google
L’identité30,5 %
40 entreprises sur 131 · Adresse, téléphone et un profil extérieur
Même effectif pour les sept mesures : 131 entreprises. Aucun contrôle, à part l’ouverture du site, n’est réussi par plus de 56 % du panel.

Une entreprise sur cinq n’a pas de site utilisable

22sur 131

22 entreprises, soit 16,8 %, n’ont pas de site exploitable : page restée « en construction », domaine affiché à vendre, serveur qui ne répond pas, certificat expiré.

109 entreprises, soit 83,2 %, ont un site qui s’ouvre normalement. C’est le seul contrôle des sept que la majorité réussit largement.

Le chiffre bouge selon qui l’on compte : 16,8 % sur les 131 entreprises contactables, 19,8 % sur le premier groupe de 111, et 22,6 % en ajoutant quinze entreprises repérées sans adresse e-mail, retenues justement parce que leur site était en panne. La formulation honnête est donc « environ une sur cinq », avec sa fourchette, et jamais un chiffre à la virgule près.

Moins d’une sur deux a un titre correct

C’est le constat le plus simple à vérifier soi-même, et le plus fréquent. Ouvrez votre page d’accueil et lisez l’onglet de votre navigateur. S’il affiche « Accueil », le nom de votre domaine, ou une phrase de cent caractères coupée en plein mot, c’est exactement ce qu’un assistant d’IA lira en premier de votre entreprise.

Cinq pour cent signent ce qu’elles écrivent

Sur les 111 premières entreprises, six ont à la fois un auteur identifiable sur leur site et un lien vers une source sérieuse. C’est précisément le couple de signaux qu’un modèle de langage cherche avant de reprendre une information à son compte.

6 entreprises signent   105 ne signent pas
Avec la grille complète sur dix points, la note moyenne est de 3,9 sur 10, et aucune entreprise n’atteint 10.
0612182401234567891022 à zéro0 à dixNote obtenue, de 0 à 10
Répartition des notes sur 10 pour les 111 premières entreprises. La bosse de gauche, ce sont les sites muets.

Avoir beaucoup de liens ne suffit pas

Nous avons aussi mesuré la popularité externe de 102 de ces sites — le nombre et la qualité des liens que le reste du web leur envoie, noté de 0 à 100. Si cette popularité expliquait tout, les bons élèves de la grille seraient aussi les plus populaires.

Ils le sont un peu : la corrélation entre les deux est de 0,28, c’est-à-dire faible, sur une échelle où 1 signifierait que l’un explique l’autre. La popularité médiane du panel est de 7 sur 100, et trente sites sur 102 sont à 2 ou moins.

Les fondamentaux sont une condition d’entrée. La popularité est probablement un amplificateur, pas un préalable.

Ce qu’on trouve quand on regarde vraiment

Un scan automatique ne voit pas ces choses-là. Elles sont tombées sous les yeux en ouvrant les sites un par un, sur les 152 entreprises auditées. Nous les comptons en nombre de cas, jamais en pourcentage, parce qu’elles n’ont pas été cherchées partout.

5
Fautes d’orthographe affichées par Google
Dans le titre même de la page. Un « fabriquant » avec un q, répété sur des dizaines de pages de catalogue. Une « électricté » sans i. Une « ventilaton » sans i non plus.
1
Site piraté sans que personne le sache
Google affichait l’accueil sous le titre d’un site de paris en ligne en turc : le serveur renvoyait un contenu au moteur et un autre aux visiteurs.
1
Page d’accueil encore en Flash
Une technologie arrêtée fin 2020. Les visiteurs voient un carré gris ; pour une machine, la page est vide de texte.
1
Site absent de l’index de Google
Pas mal classé : absent. Aucune page dans l’index, cause non élucidée.
3
Grands titres vides
La balise est là, elle n’entoure que le logo. Pour une machine, la page n’a pas de titre principal.
1
Titre d’onglet vide
Présent dans le code, sans un seul caractère dedans. Google fabrique alors le sien.
1
Page déclarée en coréen
Un fabricant français dont la page d’accueil annonce aux machines qu’elle est écrite en coréen.
1
Deux sites, deux domaines
La même entreprise, deux sites complets en ligne, deux positionnements. Les deux se font concurrence.
28
Pages de catalogue nommées par la machine
Chez un seul fabricant, 28 pages de catégorie s’appellent toutes « Archives des… » suivi du nom technique. C’est ce titre que Google affiche à l’acheteur.

Pourquoi cela change avec les assistants d’IA

Tout ce qui précède, c’est du référencement de toujours. Mais ces éléments sont exactement ce qu’un assistant lit pour savoir qui vous êtes, et la façon dont on lui parle change la donne. C’est ce que nous détaillons dans notre article sur le référencement IA et le GEO pour une PME.

On ne tape pas « pantalon homme » dans un assistant : on écrit « pantalon homme noir en lin pour un mariage en août, grande taille ». C’est ce qu’on appelle la longue traîne — non pas une question rare, mais une question précise.

Dans le référencement classique, la longue traîne était longue mais négligeable. Dans une réponse générative, il n’y a plus de rang à conquérir : il y a une seule place à occuper.

46 %les 10 000premiers termes54 %de la demande est ici,dans les questions précisesQuestions les plus tapéesQuestions les plus précises
D’après SparkToro et Datos, 332 millions de requêtes sur environ 130 000 appareils américains entre janvier 2023 et septembre 2024, publié le 3 décembre 2024. À lire avec ses limites : panel américain, Google seul, et Datos appartient à Semrush.

Savoir si l’on y est présent se mesure, et pas au doigt mouillé : voyez notre méthode pour mesurer sa visibilité dans ChatGPT et les aperçus IA, ainsi que ce que révèlent les aperçus IA de Google en France.

Ce que mesurer veut dire, et nos propres erreurs

Un chiffre sans sa méthode n’est pas une mesure, c’est une affirmation. Voici donc ce qui s’est mal passé chez nous, parce que c’est instructif.

Sept de nos constats sont devenus faux en moins de trois semaines. Un site refait, une catégorie supprimée, un compteur qui bouge : des documents rédigés début octobre annonçaient des choses qui n’étaient plus vraies fin octobre. C’est pourquoi chaque chiffre porte sa date, et pourquoi cette étude se présente comme une photographie du 30 octobre 2026.

Deux fausses mesures ont été fabriquées par nos propres outils. Une apostrophe française a fait croire qu’une description de 277 caractères n’en faisait que 37. Une balise title cachée dans un pictogramme a fait croire à un titre de 872 caractères. Dans les deux cas le chiffre était spectaculaire — et c’est précisément pour cela qu’il fallait s’en méfier. Un chiffre énorme est plus souvent un bug de lecture qu’un défaut du site.

Enfin, un site injoignable depuis un serveur n’est pas un site en panne. Nous avons appris à rouvrir chaque cas douteux dans un vrai navigateur avant d’en faire un constat. C’est la différence entre mesurer et deviner, et c’est le contrôle que les études qui comptent les absents font rarement : vérifier aussi ceux qu’on a déclarés absents.

Ce que cette étude ne dit pas

Une étude qui ne dit pas ses limites n’est pas une étude, c’est une publicité.

  • Ces entreprises ont été retenues parce qu’un défaut y avait été repéré. Les chiffres décrivent ce panel, pas l’économie régionale. C’est la limite la plus importante.
  • 131 entreprises, c’est peu. La marge d’incertitude est d’environ huit points dans le cas le plus défavorable, et aucune ventilation par secteur ne tiendrait sur cet effectif.
  • Nous n’avons pas démontré que ces sept points font citer par une IA. Un essai mené en septembre va dans ce sens, mais il est trop petit et a été réalisé depuis des comptes connectés. Il ne vaut pas preuve et n’est pas repris ici.
  • La fiche Google n’entre pas dans la note, faute d’avoir été relevée sur tout le panel.
  • Les seuils sont les nôtres. Ils sont publiés pour que chacun puisse refaire le calcul.

Et tout ne se règle pas sur un écran

Corriger un titre, ouvrir sa porte aux robots, écrire qui l’on est : cela se fait en une après-midi, et cela se voit. Mais aucun de ces gestes ne remplace un carnet de commandes, un bon artisan, un prix juste ou un coup de téléphone passé au bon moment.

Dans les dossiers que nous suivons, ce qui bloque le résultat appartient d’ailleurs presque toujours au dirigeant lui-même : demander un avis à un client satisfait, fournir une photo de chantier, passer une commande test. Des gestes quotidiens, à portée de main. C’est plutôt une bonne nouvelle.

Vous voulez savoir ce que votre page d’accueil raconte à une machine ? L’audit flash de cinq pages est offert : je vous renvoie les mêmes sept contrôles sur votre site, avec ce qui est vérifiable en dix secondes. Pour aller plus loin, voyez comment se passe un audit SEO complet, ou la formation SEO et GEO d’une journée.

Questions fréquentes

Comment savoir si mon site est lisible par une intelligence artificielle ?

Ouvrez votre page d’accueil et vérifiez quatre choses : le texte affiché dans l’onglet du navigateur, la présence d’une description sous votre lien dans Google, un seul titre principal sur la page, et vos coordonnées visibles. Ces quatre points se contrôlent en moins d’une minute.

Combien d’entreprises ont été étudiées, et où ?

131 entreprises du Grand Est, principalement de Meurthe-et-Moselle, de Moselle et des Vosges : PMI industrielles, artisans du bâtiment, cabinets d’architecture, cliniques vétérinaires et imprimeurs. Les mesures datent du 30 octobre 2026.

Qu’est-ce qu’une balise title, concrètement ?

C’est le texte qui nomme une page dans l’onglet du navigateur et dans les résultats de recherche. Il doit dire le métier et l’entreprise en moins de soixante caractères, et ne pas commencer par « Accueil ».

Pourquoi la méta description compte-t-elle encore ?

Parce qu’elle est la phrase que le moteur affiche sous votre lien, et que les assistants d’IA la lisent pour résumer ce que fait l’entreprise. Dans notre panel, 34,4 % des sites en ont une conforme.

Faut-il beaucoup de liens entrants pour être cité par une IA ?

Pas d’abord. Sur les 102 sites dont nous avons mesuré la popularité externe, le lien entre cette popularité et la qualité des fondamentaux est faible, à 0,28. Les fondamentaux sont une condition d’entrée ; la popularité agit probablement comme un amplificateur.

Comment vérifier que les robots d’IA peuvent lire mon site ?

Ouvrez votre fichier robots.txt et vérifiez qu’aucune règle ne bloque GPTBot, ClaudeBot, PerplexityBot, CCBot ou Google-Extended. Attention : une autorisation écrite dans ce fichier peut être contredite par le pare-feu de l’hébergeur, ce que seul un test par robot révèle.

Ces chiffres valent-ils pour toutes les entreprises françaises ?

Non. Les entreprises du panel ont été retenues parce qu’un défaut y avait été repéré, et l’effectif est de 131. Ces chiffres décrivent ce groupe, pas le marché.

À quelle fréquence faut-il refaire cette vérification ?

Au moins une fois par an, et après chaque refonte. Pendant cette étude, sept constats sont devenus faux en moins de trois semaines, uniquement parce que les sites avaient changé.

Étude réalisée et signée par Ludovic Scolard, consultant SEO et marketing digital indépendant à Nancy depuis 2016 — qui je suis.

Relevés effectués à la main et par script du 2 au 30 octobre 2026 sur 131 entreprises du Grand Est. Aucune entreprise n’est nommée dans cet article. Méthode, seuils et limites publiés ci-dessus. Pour toute question sur le protocole : me contacter.

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